v. 5
Doncx, per que·us metatz amaire,
La traduction de Pattison de Per que’us metetz amaire (“Why do you bother with love ? ”RO (Pattison, The Life and Works of the Troubadour…) Walter T. Patterson , The Life and Works of the Troubadour Raimbaut d’Orange , Minneapolis, The University of Minnesota Press, 1952, pp.3-30 , pp.155-156. ) — qui n’est d’ailleurs, à peu de choses près, qu’un calque de celle de JeanroyAlfred Jeanroy , Anthologie... , p.184. — ne nous semble pas satisfaisante du tout. L’erreur première est sans doute due à Jeanroy qui prenant peut-être amaire pour un équivalent de l’infinitif, pouvait dès lors, en effet, se permettre de traduire se metre [+ infinitif] par ‘se mêler de’.Voir SW (Levy, Provenzalisches Supplement…) Emil Levy , Provenzalisches Supplement Wörterbuch. Berichtigungen und Ergänzungen zu Raynouards Lexique roman , Leipzig, U.K. Reißland, 1894-1924, t.I-VIII , t.V, p.272. Cette erreur devient d’ailleurs plus évidente encore lorsqu’on voit Alfred Jeanroy supposer, en outre, un complément d’objet direct à ce qu’il croit être un infinitif: “Pourquoi vous mêlez-vous d’aimer ce mal si vous voulez me laisser tout le mal”.Alfred Jeanroy , loc.cit.
Toutefois, il nous semble plutôt que amaire est un substantif tout ce qu’il y a de plus normal,Voir e.a. Edward L. Adams , ouv.cité , pp.36sv. auquel cas on a ici une expression parfaitement similaire à se metre jutjaire , par exemple, qu’Emil Levy traduit par “s’ériger en juge”.SW (Levy, Provenzalisches Supplement…) Emil Levy , Provenzalisches Supplement Wörterbuch. Berichtigungen und Ergänzungen zu Raynouards Lexique roman , Leipzig, U.K. Reißland, 1894-1924, t.I-VIII , loc.cit. — Voir aussi LR (Raynouard, Lexique roman ou Dict. de la langue…) M. Raynouard , *Lexique roman ou Dictionnaire de la langue des troubadours comparée avec les autres langues romanes. Réimpression de l’original publiée à Paris, 1836-1845, Heidelberg, Carl Winterverlag, t.V, p.11 , t.IV,p.221; on se rapportera également à Gabrielle Kussler-Râtye , ‘Les chansons de Béatrice de Die’, dans Archivum Romanicum , I (1917), p.178, pour qui cette expression est un cas de double nominatif à propos duquel elle renvoie à F. Diez , Grammaire des langues romanes , t.III, p.90 ainsi qu’à A. Stimming , Bertran de Born... , 1879, pp.229-230. Dans ce cas-ci, pourquoi ne pas traduire de façon analogue par : "Pourquoi voulez-vous donc vous ériger en amant’ (=vous conduire en amant...) ?
↩ au vers 5
vv. 29–31
Amicx, nulh grat no·us refier, / quar ia·l mieus dans vos refrena …
Traduction de Pattison: “Friend, I am not at all grateful to you, for harm to me from slander does not restrain you from seeing me, which I beseech you to do”.RO (Pattison, The Life and Works of the Troubadour…) Walter T. Patterson , The Life and Works of the Troubadour Raimbaut d’Orange , Minneapolis, The University of Minnesota Press, 1952, pp.3-30 , p.156. Nous ne comprenons pas la nécessité — ni d’ailleurs la provenance — de la négation (does not restrain ) dans cette phrase. Quoique fort libre, la traduction d’Alfred Jeanroy nous semble plus conforme à l’esprit du texte: “Ami, je ne vous sais aucun gré du souci qui vous retient loin de moi quand je vous désire”.A. Jeanroy , loc.cit. Voulant rester, quant à nous, plus près du texte, nous proposerions la traduction suivante: ‘Ami, je ne vous sais aucun gré, car maintenant le souci de mon malheur vous retient de me voir, ce que je vous demande’ (i.e. de revenir me voir).
↩ au vers 29
v. 37
qu’aur perdi e vos arena -
Tant Jeanroy que Pattison lisent qu’aur perdù, e vos arena et traduisent: “Dame, je crains fortement de perdre moi de l’or et vous du sable”Ibid. et “Since I stand to lose gold and you but sand”.RO (Pattison, The Life and Works of the Troubadour…) Walter T. Patterson , The Life and Works of the Troubadour Raimbaut d’Orange , Minneapolis, The University of Minnesota Press, 1952, pp.3-30 , loc.cit. Il n’y a là donc aucune divergence, si ce n’est que Jeanroy fait de ce vers une complétive auprès de ieu tem (v.36), ce qui normalement demanderait un verbe au subjonctif dans la subordonnée.Voir e.a.O. Schultz-Gora , Elementarbuch... , §191, pp.133sv. C’était là également la solution préconisée par Oscar Schultz-Gora qui modifiait d’ailleurs, à cet effet, perdi en perda .Oscar Schultz-Gora , Die Provenzalische Dichterinnen. Biographien und Texte nebst Anmerkungen und einer Einleitung , Genève, Slatkine Reprints, 1975 (réimpr. de l’éd. de Leipzig de 1888), p.36. Il suffisait cependant de faire du v.37 une incise — ainsi que le remarqua Carl AppelRvO, p.36. (et Emil Levy, avant luiVoir le C.R. que fit Emil Levy de l’ouvrage de Schultz-Gora , dans Literaturblatt , X (1898), p.184. ) — pour que l’on puisse garder sans difficulté aucune la forme perdi .Voir RvO, loc. cit. , ainsi que C.H. Grandgent , ouv. cité , § 164 (1), p.130. Ce qui est d’ailleurs la solution également retenue par Pattison.
Toutefois, le problème n’est pas tellement là que dans l’interprétation exacte et les implications de ce vers. Au départ, il y a de toute façon jeu onomastique, même si l’expression — ou plutôt l’emploi simultané des termes aur et arena dans un tel contexte — ne se rencontre pas uniquement chez Raimbaut d’Orange.Voir par ex., chez Bertran de Born, dans Cazutz sui de mal en pena (éd. Stimming, 1879, ch. IX, vv.20-21), ainsi que le commentaire de ces vv., ibid. , p.250. Il suffit de se rapporter, par ex., à la fameuse tenso entre Raimbaut et Giraut de Bornelh, où l’on trouvera un jeu parallèle sur aur et sal , pour être persuadé de la probabilité de ce genre d’exploitation poétique du “nom”.Voir XXXI, v.34; Patricia Hagan , The Medieval Provençal tenson: contribution to the study of the dialogue genre , Ann Arbor, Univ. Microfilms Intern., 1977, 75-24,545 (Yale Univ., Ph.D., 1975), p.183. On en connaît d’ailleurs d’autres exemples chez Raimbaut.Dans la même tenson, on a un jeu sur Linhaures (voir à ce propos Adolf Kolsen , Sämtliche Lieder des Trobadors Giraut de Bornelh , Halle, Max Niemeyer Verlag, 1935, t.II, p.105; Martin de Riquer , ouv. cité , pp.160-161). — Voir aussi XXI, v.46 (Raembaut — baut ).
Cela étant, que le poète affirme qu’il risque de perdre de l’aur par la faute des lauzengiers , la chose est aisément concevable : l’or, le métal le plus précieux qui soit, est ici très clairement le symbole de la Dona . Et n’est-il pas dit tout ce qu’il y a de plus explicitement, dans le même poème, que la Dame est la res que mais me val (v.42) ? Cependant, si cela peut se comprendre facilement, comment le poète-amant peut-il dire, parlant de lui-même, que suite à ces mêmes calomnies et médisances, la Dona ne perdra que du “sable” (arena ) ? Car il faut bien dire que, dans le cas de Raimbaut, nous ne sommes pas tellement habitué à une humilité telle qu’elle le fasse se comparer à ce qu’il y a de plus commun et de moins précieux! Ou y aurait-il là, comme le prétend Martín de Riquer, un effet de la “galanteria de Raimbaut : yo perdería mucho al perderos a vos, y vos poco al perderme a mí ” ?Martín de Riquer , ouv. cité , pp.176-177.
Toutefois, cette humilité extrême — si humilité il y a! — se retourne contre lui, ce qui apparaît bien de l’accusation de camjaryre que lui lance la Dame au v.46. Il est en effet ‘changeur’, ou plutôt ‘changeant’, c’est-à-dire ‘inconstant’, parce que del mieu pensamen no’us cal (v.49) — et c’est bien là ce que lui reproche sa Dame, du point de vue de leur relation amoureuse. Mais en outre, il est ‘changeur’, c’est-à-dire ‘financier, banquier’LR (Raynouard, Lexique roman ou Dict. de la langue…) M. Raynouard , *Lexique roman ou Dictionnaire de la langue des troubadours comparée avec les autres langues romanes. Réimpression de l’original publiée à Paris, 1836-1845, Heidelberg, Carl Winterverlag, t.V, p.11 , t.I, p.299. parce que, dans l’expression de ses sentiments, il parle le langage de l’homme d’argent. Il s’attribue une valeur bien déterminée, à lui (=arena ) et à sa Dame (=aur ), et adopte par cela-même, vis-à-vis de cette relation amoureuse, une attitude qu’à la limite on pourrait qualifier de mercantile : si per dig de lauzen- gier , cette relation disparaît, il y perdra infiniment plus que sa Dame!
En fait, nous avons ici, une fois de plus, une de ces “perversions” du langage propres à Raimbaut: l’image, courtoise au départ, est prise à la lettre et se retourne contre son auteur. De la sorte, ce n’est plus l’amant inconstant qui est mis en accusation ici, mais bien plutôt le poète qui a commis une faute de “langue”: il a abandonné le registre de la courtoisie pour celui de la “finance”! Ou comme le dit sa Dame: ieu cug que de cavalier siatz devengutz camjayre (v.46)! Et que sa faute se situe bien à ce niveau registral, nous semble prouvé par la suite du poème, où l’on voit le narrateur abandonner immédiatement ce registre d’expression pour en revenir à des paroles plus appropriées: Dona, ja mais esparvier/ no port, ni cas ab serena / s’anc (...) / fui de nulh’autr’enquistataire (vv.50-53). Maintenant, il parle de nouveau comme un cavalier , et c’est ainsi (per aital , v.57), c’est-à-dire en cette qualité, que la Dame peut le croire leyal .Comme le dit bien Patricia Hagan, nous avons ici “a multi-level expression” (loc. cit. ). Aussi bien, sans rien retrancher de ce que nous venons de développer, il nous semble également possible de lire ce vers comme suit: qu’aur perdut et vos, a rena ‘car je perds de l’or et vous, à cause d’une querelle’ (pour le sens de rena , voir e.a. FEW, t.V, 465 et, en langue moderne, Louis Alibert , Dictionnaire Occitan-français , Toulouse, Institut d’Etudes Occitanes, 1965, p.599.
↩ au vers 37
v. 40
Per so dey tener en guaire
Pour Pattison, tener en gaire “is the only really difficult expression in the poem”.RO (Pattison, The Life and Works of the Troubadour…) Walter T. Patterson , The Life and Works of the Troubadour Raimbaut d’Orange , Minneapolis, The University of Minnesota Press, 1952, pp.3-30 , p.158. Aussi, on ne manque pas de s’étonner de le voir se contenter de la paraphraser par “to be on the watch (?)”, sans autre forme d’explication, si ce n’est une référence à la traduction de Jeanroy qui lui semble “about right as to sense”.Ibid.
Observons d’ailleurs que celle-ci — “je dois être plus prudent que vous” — ne se fonde, elle non plus, sur aucune argumentation.Alfred Jeanroy , loc.cit. — En fait, la traduction de Jeanroy remonte à celle de Gabrielle Kussler-Ratyé (art.cité , p.171) qui se fonde elle-même sur celle qu’avançait Schultz-Göra à titre d’hypothèse, et reprise en tant que telle dans SW (Levy, Provenzalisches Supplement…) Emil Levy , Provenzalisches Supplement Wörterbuch. Berichtigungen und Ergänzungen zu Raynouards Lexique roman , Leipzig, U.K. Reißland, 1894-1924, t.I-VIII , t.IV, p.17. Si tant Jeanroy que Pattison ont sans doute raison, quant au sens général de ces vers, il eût cependant mieux valu tenir compte de l’interprétation que donna Carl Appel de cette expression: tener en re heisst ‘sich etwas machen aus’ (SW Emil Levy , Provenzalisches Supplement Wörterbuch. Berichtigungen und Ergänzungen zu Raynouards Lexique roman , Leipzig, U.K. Reißland, 1894-1924, t.I-VIII , t.VIII, p.150, tener 12), tener en rien ‘sich nichts machen aus, für nichts halten’. So doch wohl tener en guaire , ‘für etwas halten’.RvO (Appel, Poésies provençales inédites tirées…) Carl Appel , Raimbaut von Orange , Berlin, Weidmannsche Buchhandlung, 1928, pp. 62-98 , p.36.- Pour tener en ren , voir aussi Ulrich Gschwind , Flamenca... , t.II, pp.97-97. Personnellement, nous traduirions: ‘Pour cela, je dois m’en soucier, bien plus que vous...’.
↩ au vers 40
vv. 44–45
e fait d’amoroza mena, / qu’ieu cug que de cavalier
Traduction de Pattison: “Friend, I know you are so frivolous and given to the ways of love ...”.RO (Pattison, The Life and Works of the Troubadour…) Walter T. Patterson , The Life and Works of the Troubadour Raimbaut d’Orange , Minneapolis, The University of Minnesota Press, 1952, pp.3-30 , loc.cit. Plutôt que de prendre e pour une conjonction de coordination et fait pour un participe, nous y voyons, respectivement, la préposition e(n) et un substantif.Pour fait = fag ‘manière d’agir, action...’, voir Ch.XIII,v.8. Ce qui nous donne comme traduction: ‘Ami, je vous sais si léger en fait d’amoureuse manière, que...’. Ceci nous paraît mieux convenir ici et, de toute façon, plus près du texte.En fait, nous en revenons ici à la traduction qu’avait déjà proposée (quoique elle y fût un peu plus libre) Gabrielle Kussler-Ratye , loc.cit. : “Ami, vous êtes si frivole en choses d’amour que...”.
↩ au vers 44
v. 51
no port, ni cas ab serena,
La traduction de serena ne laisse pas de poser quelques problèmes. Ainsi, on est en droit de se demander sur quoi se fondait Oscar Schultz-Gora lorsqu’il affirmait que “Dass es an unserer Stelle einen Jagdvogel bedeutet, scheint mir, besonders da caasar ab der technische Ausdruck ist (MW C.A.F. Mahn , Die Werke der Troubadours in provenzalischer Sprache , Berlin, Dümmler, 1846-1886, 4 vols. , I, 300) nicht zweifelhaft”.Oscar Schultz-Gora , loc. cit. Cette identification trop hardie devait d’ailleurs se heurter bien vite aux objections de Carl Appel: “Serena ist kein Jagdvogel, sondern ein kleiner Vogel: Grünspecht, Bienenvogel, Zeisig oder ähnlich ”.RvO, pp. 36-37. — Tout en se tenant à l’hypothèse de Schultz-Gora, Gabrielle Kussler-Raiye , art. cité , p. 179 faisait déjà remarquer que pour Mistral serena désignait plusieurs sortes de petits oiseaux, plutôt que des oiseaux de proie (voir LTF (Mistral, Lou Tresor dóu Felibrige ou…) Frédéric Mistral , Lou Tresor dóu Felibrige ou Dictionnaire provençal-français (...) Edition du Centenaire, Paris, Librairie Delagrave, 1932 , t. II, p. 881). Quant à Pattison, tout en reconnaissant que le sens ‘oiseau de proie’ est uniquement dû à l’apparition du mot dans le contexte de ce poème, il n’en admet pas pour autant l’objection de Carl Appel et traduit serena par ‘falcon’, spécifiant ainsi davantage encore le sens (hypothétique !) de ce terme.
Il est un fait que serena peut signifier, en général, ‘oiseau’. Mais là où le FEW von Wartburg , Französisches etymologisches Wörterbuch nous fournit s.v. siren (= la Sirène mythique) plusieurs exemples de serena (= ‘pivert’, ‘guêpier’) ainsi que de nombreux autres continuateurs de cet étymon signifiant tous soit ‘canari’ soit ‘serin’, il ne nous donne qu’une seule occurrence de serena signifiant ‘oiseau de chasse’.FEW (von Wartburg, Französisches etymologisches…) von Wartburg , Französisches etymologisches Wörterbuch , t. XI, pp. 654-655. Encore faut-il dire qu’en l’absence de toute référence quant à la source de cette occurrence, il se pourrait fort bien que l’exemple cité par le FEW von Wartburg , Französisches etymologisches Wörterbuch soit précisément celui qui apparaît dans le texte même de Raimbaut d’Orange ! Ce qui, une fois de plus, nous ramènerait à notre point de départ.
Dès lors, faute de données supplémentaires et conclusives, force nous est de nous contenter de traduire ce mot par ce qui semble le plus vraisemblable, vu le contexte. Il s’agit sans doute, en effet, d’un oiseau de proie puisque, comme nous l’avons vu supra , le troubadour se voit obligé d’abandonner le registre du camjayre pour en revenir à celui du cavalier ; et que, pour ce faire, l’évocation de la chasse — et plus particulièrement du “vol”, mode de chasser éminemment noble — se justifie parfaitement dans ce cas-ci.Gabrielle Kussler-Ratye , loc. cit. cite à ce propos plusieurs exemples analogues dans la lyrique des troubadours (e.a. chez Bertran de Born). Cela étant, il inutile de spécifier davantage de quelle sorte d’oiseau de chasse il pourrait bien s’agir. Au demeurant, remarquons en outre que se laisser guider par le contexte pour assimiler le mot serena à une (quelconque) sorte d’oiseau de proie (ou de chasse) pourrait bien, dans ce cas-ci particulièrement, être plus qu’une simple hypothèse. En effet, l’explication que donne le FEW von Wartburg , Französisches etymologisches Wörterbuch concernant la spécialisation des continuateurs de siren en deux catégories distinctes (qu’elles soient réelles ou supposées), nous semble des plus raisonnables et fort plausible: “Dass Wort ist vielfach übertragen worden, vor allem auf Vogel. Der Grund hierzu liegt wohl nicht bei allen gleich. Beim Jagdvogel und beim Bienenfresser fallen vor allem ihre Raubgier auf, die sie mit der Sirene gemeinsam haben (...) Beim Kanarienvogel ist es das bunte Gewand das an die lockende Sirene erinnert”.FEW (von Wartburg, Französisches etymologisches…) von Wartburg , Französisches etymologisches Wörterbuch , t.XI, p.655.
↩ au vers 51