Chanson X
Ar vei bru, escur, trebol cel
pp. 126–138
CHANSON X : REMARQUES
vv.2sv.
Pattison traduit le verbe giseclar (v.2) par ‘siffler’, tout comme le fait d’ailleurs également Linda M. Paterson.1 Signalons, de prime abord, que ces deux critiques donnent ici à giseclar le sens traditionnellement accordé par les dictionnaires à ciselar. Il y a là, apparemment, une assimilation ou, pour le moins, un glissement de sens à propos duquel on serait en droit d’être étonné, si ce n’était que, de toute manière, on a là deux formes d’un seul et même verbe. Nous aurons d’ailleurs l’occasion de revenir sur ce problème dans la suite de notre travail.2 Reste cependant que la structure même du texte de la chanson X — et plus particulièrement de sa première strophe — nous donne quelque raison de nous opposer à la traduction proposée par les deux critiques cités plus haut.
Nous avons déjà souligné le fait que les énumérations ternaires semblent moins fréquentes chez les troubadours provençaux que les paires synonymiques ou antonymiques.3 Il n’en est que plus important dès lors d’en constater la présence dans ce poème, d’autant plus que certaines d’entre elles sont en asyndète, soit complètement, soit partiellement; chose considérée comme également fort rare en ancien provençal.4 Dans ce cas-là, cet emploi particulier de ce qui apparaît alors comme une marque stylistique d’importance, ne peut manquer d’attirer notre attention sur certains faits de structure. On remarquera en effet que toute la première strophe de ce poème se constitue autour de suites — ternaires d’abord, binaires ensuite — de substantifs, de verbes ou d’adjectifs, s’appliquant chaque fois, à l’intérieur de la série, soit à un même objet, soit à plusieurs objets similaires.
On trouvera ainsi que le ciel est bru, escur, trebol (v.1), qu’il tombe neus e gels e gibres (v.3), tandis que le soleil était cautz, ferms e durs (v.4). Passant à ce moment-là de la structure ternaire à la binaire, le texte nous apprend ensuite que la chaleur du soleil est devenue teun’e flaca (v.5), que fuelh e flors tombent des branches (v.6) et que en plais ni en blaca (v.7), on n’entend chans ni critz (v.8). En d’autres termes, dans les vv.1, 4 et 5, on a respectivement 3, 3 et 2 termes s’appliquant au même objet (cels et sol dans les deux derniers cas), tandis que dans les vv. 3, 6, 7 et 8, les séries ternaires ou binaires renferment des termes s’appliquant à des objets ou des phénomènes analogues mais distincts quand même.
Dès lors, la traduction que donne Pattison de la série ternaire vent’e gisc’el’e plou (“the wind blows and whistles, and it rains”)5 ne nous semble que fort peu satisfaisante, dans la mesure même où elle ne tient pas compte de ce qui paraît bien être un procédé récurrent: en effet, contrairement à ce qui se passe dans les autres séries, deux des termes employés s’appliquent à un objet bien déterminé (‘wind’: vent’e gisc’el) et le troisième à un autre (‘it rains’: plou). Quant à la traduction de Linda M.Paterson — “... which cause it to blow and whistle and rain”6 — elle serait déjà plus acceptable, étant donné qu’on pourrait dire qu’ici le système est respecté: comme dans d’autres séries, les trois termes décrivent des objets ou phénomènes différents mais analogues: le souffle, le bruit, la pluie. Toutefois, il nous semble qu’ici aussi la difficulté n’est pas résolue.
A notre avis, le problème fondamental — qui s’est sans doute posé à Raimbaut lui-même — est le suivant : s’il est vrai que dans les énumérations ternaires ou binaires qui semblent structurer cette strophe, on a trois (deux) termes s’appliquant chaque fois, soit à un objet ou à un phénomène, soit à trois (deux) objets ou phénomènes différents mais analogues, comment faire pour respecter une structure ternaire de ce genre, lorsqu’on est confronté à deux objets seulement (vent/pluie) ? Une façon de tourner la difficulté pourrait être alors de choisir un terme s’appliquant aux deux objets ou, mieux encore, spécifier à l’évocation simultanée des deux. Dans cette optique, le choix de gisclar est on ne peut mieux justifié, étant donné que d’après le Donatz Proensals ce verbe signifie très exactement qu’il pluit simul et ventat, ‘to rain and be windy at the same time’.7 Cela étant, nous proposerions de traduire gisclar par ‘cingler’.8
v.24
Walter T. Pattison considère le terme lams comme étant un substantif et traduit ce vers par : ‘How Joy may be as brief as a lightning flash for true lovers’.9 A quoi Linda M. Paterson fait remarquer que le sens ‘lightning’ semble plus approprié dans le cas de la seconde occurrence de lams, au v.57, ce dont elle ne parvient d’ailleurs pas non plus à nous persuader. En ce qui concernant le v.24, elle propose d’y considérer ce terme comme un adjectif et, faisant appel à Meyer-Lübke, elle le traduit par ‘debilitated’ et, de là, filthy, base.10 En fait, là où Meyer-Lübke avance un étymon longobard et traduit lams par ‘schwach, gebrechlich’,11 il apparaît qu’il faille plutôt remonter au gothique qui aurait donné, en ancien provençal, un continuateur lam auquel le FEWvon Wartburg, Französisches etymologisches Wörterbuch donne la signification de ‘peu intense (d’un sentiment)’.12 Ce qui convient on ne peut mieux dans le cas qui nous occupe.
D’autre part, en ce qui concerne le v.57, si lams peut en effet signifier ‘éclair’, cela ne nous permet toutefois pas d’en faire un adjectif avec le sens de ‘thunderstruck’ ainsi que le voudrait Linda M. Paterson.13 Vu le contexte — qui n’est d’ailleurs pas non plus des plus clairs — les sens proposés par Rochegude, Diez et Meyer-Lübke nous semblent mieux convenir. À titre d’hypothèse, on pourrait même avancer à partir de ces significations-là le sens de ‘victime’.14
v.28 sv.
Pattison signale à juste titre que le mot trachor (v.28) est ambigu et peut avoir tant le sens de ‘traître’ que celui d’ ‘archer’ (=Cupidon).15 En revanche, il traduit la forme verbale traia (v.31) uniquement par ‘betray’,16 tout comme Linda M. Paterson,17 sans tenir compte de ce qu’ici aussi se retrouve l’ambigüité qu’il remarquait précédemment à propos de trachor. En effet, si cette forme verbale peut être considérée comme une troisième personne du subjonctif présent de traïr, trazir (= ‘trahir’), c’est que précisément ce verbe, qui appartient en fait à la conjugaison inchoative -et présente de ce fait un subjonctif présent trasca18- peut également emprunter certaines formes à traïre (‘tirer, lancer, viser’).19 De cette manière traia est parfaitement analogue à trachor, analogie d’ailleurs renforcée par le contexte immédiat: un archer/traître (trachor) auquel on ne peut se fier (mal fizel) et qui cherche comment viser/trahir (traia) en toute sécurité (segurs). A ce propos on remarquera l’antithèse rendue plus apparente encore par l’emploi de ces mots ambigus:
mal fizel (v.28) trachor ↔ segurs (v.31) traia v.30
Le terme regoîtbres n’apparaît que chez Raimbaut d’Orange,20 mais devrait être mis en rapport, d’après Pattison, avec les mots votbre, revotbre, rebotbre (‘regain’), et signifierait dès lors, au sens figuré, ‘from the country, churly’.21 Pour Linda M. Paterson, “the image of second growth could suggest something stunted or second-rate”;22 ce qui l’amène à traduire, littéralement, par ‘the second harvest’.23 En effet, le contexte semble suggérer une connotation négative. Dans ce sens, il est sans doute intéressant de constater que, si sous l’étymon re-vivere on trouve dans le FEWvon Wartburg, Französisches etymologisches Wörterbuch nombre de formes occitanes telles que revioure, revoybre, reboybre, reboyre, roibre, votbre, etc..., en revanche, il est fort rare de rencontrer des formes en r̥ g u i v r̥ tant en provençal qu’en français d’ailleurs. À cet égard, le FEWvon Wartburg, Französisches etymologisches Wörterbuch ne nous fournit guère que regouive (bberr.), r̥ g u i v r̥ (bourbonn.), regouiver (Centr.), gouivre (Saint Chartier), gouive et se gouiver (Centr.).24 Ces deux dernières formes nous paraissent d’ailleurs particulièrement intéressantes en ce qu’elles sont les seules, parmi tous les continuateurs de re-vivere, à présenter cette connotation négative que semble en effet requérir notre texte, leur signification respective étant: ‘relais boueux d’une inondation, qui font pousser le regain’ et ‘se couvrir de boue’.25 A titre d’hypothèse, on pourrait peut-être se laisser guider par ces significations-là et avancer la traduction suivante pour regotbres: ‘ceux qui [re]couvrent de boue’. Toutefois, tout ceci reste fort conjectural.
D’autre part, si l’on peut établir un rapport entre regotbres et des formes telles que votbre, revotbre, rebobre ..., ne pourrait-on pas accepter, avec autant de raisons, un lien avec gibres ? N’oublions pas que ce terme apparaît déjà deux fois dans le texte: une première fois (au v.3) avec le sens de ‘givre’, ce qui ne nous mène pas fort loin, mais la seconde fois (au v.21) avec la signification de ‘vipère’; ce qui nous donne de nouveau les connotations négatives dont nous avons besoin dans cette quatrième strophe! Bien sûr, les continuateurs occitans de vīpera sont très éloignés, phonétiquement, de regotbres: vibra, giurg, giurar, gibre, vibron, guivre, guivran.26 Cependant, il existe en ancien français des formes qui seraient susceptibles d’autoriser un tel rapprochement: voivre, voyuvre, guibre, vouivre, gruivre.27 Cette seconde hypothèse acquiert quelque fondement supplémentaire, nous semble-t-il, lorsqu’on sait, qu’outre le sens primaire de ‘vipère, serpent’, certains de ces mots présentent des significations qui pourraient éventuellement bien s’insérer dans le contexte de ce poème, p.ex.: guibre (havr.) ‘méchante femme’, ‘rosse’; vouivre (Dôle) ‘personne méchante’; guivre (Agn.) adj. ‘excitable’, ‘méchant’.28
Quoi qu’il en soit, qu’il s’agisse de notre première hypothèse ou de notre seconde, il n’y a là que des suppositions dont nous reconnaissons pleinement la fragilité.29 Force nous est donc de conclure, provisoirement, qu’en l’absence d’éléments plus convaincants le problème reste entier.
v.49
Ici aussi nous avons un hapax, gasurs. Il est cité par Raynouard et Levy, dans ce vers bien sûr, mais sous une forme gafur,30 à laquelle ils donnent la traduction de ‘gourmand, glouton’; traduction reprise telle quelle tant par Pattison que par Linda M. Paterson, sans nulle autre explication.31 Il est vrai que le FEWvon Wartburg, Französisches etymologisches Wörterbuch nous donne une forme gaffare ‘ergreifen’, qui serait l’étymon de l’ancien provençal gafar signifiant ‘saisir’ et, de là, ‘mordre, manger avec avidité’.32 Passer de ce verbe à un substantif gafur serait éventuellement possible, encore qu’il y ait là certains problèmes quant à la dérivation: on s’attendrait plutôt à une forme en -ador.33
Cependant, contrairement à ce qu’affirment Raynouard et Levy, les éditeurs de ce texte retiennent non pas la forme gafurs, mais bien gasurs.34 Or, si nous avons là la graphie correcte du mot, celle-ci pourrait nous mener sur une toute autre piste. D’après le FEWvon Wartburg, Französisches etymologisches Wörterbuch, l’étymon gas- peut donner en ancien français e.a. gaser ‘babiller, se plaire à dire des riens’, jaseur ‘qui aime à jaser, à bavarder’.35 Sans doute, nous ne retrouvons parmi les continuateurs occitans de gas- nulle trace de gasurs. On remarquera cependant le béarnais jasá ‘railler’, le rhodanien gasaïá.
gazouiller, babiller’, l’ancien provençal gazel ‘jaserie’, etc.36 Bien entendu, il y a ici également, tout comme dans le cas de gafur, le problème de la formation du mot. Ce qui fait que le problème reste entier.
v. 55
Si esclacaa est en effet un terme renvoyant à une arme quelconque,37 ne pourrait-on pas supposer que la Dame, à laquelle Raimbaut fait allusion au vers suivant, est également le sujet de s fer ? Dans cette hypothèse, notre traduction serait alors la suivante : ‘Car maintenant, quoiqu’elle se frappe de l’esclacaa, si elle ne ment pas avec ses paroles moroses, c’est moi qui en serai la victime’. En d’autres termes, nous interpréterions ce passage ainsi : quoique ma Dame se nuise (en m’éloignant, en ne répondant pas à mon amour), si elle ne ment pas (en m’interdisant de chanter [en] à son propos), c’est fait moi qui suis blessé.
v. 56
Nous traduisons ici motz escurs par ‘paroles moroses’, tout comme Linda M. Paterson (‘black, angry words’).38 Pattison, lui, s’en tient à ‘ambiguous speech’ ce qui est, pour le moins, une traduction ambiguë! Quoi qu’il en soit, à notre avis ce passage ne se rapporte pas du tout à la création poétique ni au trobar clus, comme le voudrait Leo Pollmann.39 Sans revenir pour cela sur la réfutation que fait Linda M. Paterson de ce passage, nous voudrions cependant y ajouter que, d’une part, Pollmann ne tient aucun compte du contexte de ces vers et que, de l’autre, il fonde son interprétation e.a. sur ce qui nous semble être une mauvaise compréhension des vv. 33-34 de la chanson II de Raimbaut, là où il traduit eserìma et escrim par ‘Fechten’ et ‘schirmit’.40 Si rapport avec le trobar clus il y a, c’est tout à fait indirectement et ironiquement, par le biais de ces motz escurs précisément, qui ne peuvent que renvoyer l’auditeur/lecteur à ceux du v. 13 qui, eux, en revanche, se rapportent indéniablement à ce style de poésie, dans la mesure où ils s’appliquent à mos libres/de fag d’amor (vv. 12-13), c’est-à-dire à la poésie même de Raimbaut.
v.58
Pattison traduit s’estaca par ‘restrains itself’, tandis que pour Linda M. Paterson il faudrait comprendre ‘is fastened up’.41 Ces traductions renvoient toutes au sens premier de ce verbe: ‘attacher, lier’.42 On remarquera cependant que Levy le cite dans quelques expressions figées assez remarquables et que, qui plus est, ces mêmes expressions se rencontrent aussi avec le verbe fermar qui, lui aussi, a un sens premier identique à estacar:43
estacar batalha — fermar batalha estacar drech — fermar drech
Ce qui nous intéresse ici, c’est surtout la seconde expression qui peut aussi se rencontrer44 sous la forme (fermar) plaitz.
Sans doute, le verbe est employé seul, dans notre poème, mais il existe des exemples de tels emplois pour son synonyme fermar – toujours avec le sens de atacar (fermar {lang=oc} drech {lang=oc} platz {lang=oc}), c’est-à-dire: ein Bürgen dafür stellen, dass man vor Gericht erscheinen wird.45 Connaissant l’importance du vocabulaire juridique chez Raimbaut46 et, surtout, sachant que dans ce même poème il a affirmé qu’il ne chanterait plus l’amour tro plais vengues entre nos ams (v.18) , ne pourrait-on pas ici donner à ce verbe cette signification-là ? Dans ce sens, on pourrait comprendre que la chanson qui vient de se terminer garantit la présence de Raimbaut à ce plais qu’il réclame : ’ Et mon vers qui ainsi se porte garant de ma présence à ce jugement, je voudrais qu’il soit porté sûrement à Demonizada et qu’il lui soit source d’irritation’. Il n’y a là qu’une hypothèse, peut-être, mais le fait que le même verbe estacar soit employé au v.14, également à la rime et, en outre, dans l’immédiate proximité de l’évocation de ce plais (...) entre nos ams, et que là précisément il ait, sans nul doute possible, son sens premier, nous semble particulièrement significatif.
CHANSON X: TEXTE1 ET COMMENTAIRE
Maintenant, je vois un ciel sombre, obscur et agité [qui est cause de ce qu’] à travers l’air il vente et il cingle et il pleut, et que tombe la neige et le gel et le givre; et le soleil qui était chaud, fort et rude, sa chaleur est ténue et faible; et feuilles et fleurs tombent des branches, tant et si bien que dans les haies comme dans les taillis, je n’entends ni chants ni cris, si ce n’est à l’intérieur des murs. C’est pour cela que je chanterai quelque chose de triste.
Mais je ne porterais pas plus d’attention à la tempête ni à la pluie ni au gel qu’à la gente saison si j’osais ouvrir mon livre de faits d’amour [rédigé] en mots obscurs; [c’est là ce] dont Temers m’empêche d’autant plus que Midons me fit exprimer ma colère et mes plaintes, de sorte que jamais plus, de quelque façon que ce soit, je ne chanterais d’amour — par quoi (= amour) elle me lie — jusqu’à ce qu’un accord se fasse entre nous.
Mais de ceci je peux chanter, dont elle me sait fort irrité et dont grand mal me vient: des faux truands, plus cruels que vipère, envieux, bavards et mauvais. Car chacun d’eux cherche et s’efforce [de trouver] comment Joy peut devenir peu intense pour les amants fidèles; et où qu’il y ait [viande] de porc ou vache, ils en auront profit et le vin sera pur et ensuite, ils pousseront grands cris, rots et rugissements.
- D’après l’éd. de PAT, pp.156-160.
[[hand: marginal marks beside first strophes — a large “X”, curls and “?” ticks between the columns]]
Car je connais un archer (traître) auquel on ne peut se fier, qui semble avoir moins de sens qu’un boeuf et qui appartient sûrement aux regoîbres car il cherche comment viser (trahir) en toute sécurité son seigneur, de sorte qu’il lui emprisonne le coeur. Et s’il était empoisonné dans les champs, qu’il ne s’imagine pas que je lui chercherais du thiriaque; au contraire, je chercherais de toutes mes forces comment le pendre (prendre) avec de forts liens.
Car jamais Caïn qui occit Abel ne sut, en matière de trahison, la valeur d’un oeuf par rapport à elle — mais moi, je semble ivre, car je lui dis ce dont je suis mûr, tant elle me pèse sur le cou et me meurtrit. Mais cela me tourmente tellement plus que la faim quand je me souviens de la rosse, que je n’ose plus parler d’elle, même par jurons, quand je me souviens de la diablesse.
Et, en effet, chanter aura pour moi le goût du miel, avec mon vers que j’ai fait aux approches de l’an neuf avec maints bavards, au moment où le garangal et le gingembre sont de saison. Et Mos Estreups, qui est par-delà Jaca, ne ferait pas ainsi [comme je fais] en ces rimes viles, même pas pour deux daims, même pas si Acre et Tyr étaient siennes et, ici, le Poitou et Rouen.
Car maintenant, quoiqu’elle se frappe de l’esclaca (?), si elle ne me ment pas avec ses paroles moroses, c’est moi qui en serai la victime.
Mon vers, qui ainsi se porte garant de ma présence à ce jugement, je voudrais qu’il soit porté sûrement à Demoniada, et qu’il lui soit source d’irritation [[hand: inserted “soit” before “porté”]]