C. Appel, Chrest.,126. H.J. Chaytor, Troub. of D.,33 A. Kolsen, Giraud de Bornelh,I,374. E. Lommatzsch, Prov. Liederbuch,66. J. Anglade, Anth.,74. J. Audiau et R. Lavaud, Anth.,191. HILL-BERGIN, Anth.,62. M.de Riquer, Lirica,I,160. RO,173. HAMLIN-RICKETTS-HATTAWAY, Intr.,133. NELLI-LAVAUD, Troub.,II,632 A. Press, Anth.,114. F. Piccolo, Primavera,83.
3. Etudes et commentaires...
C. Appel, Archiv,XCVII,187. RYO,30. J.J. Salvedra de Grave, Observ.,118. H. Kolb, Begriff der Minne,317. E. Kohler, Trobadorlyrik, passim. L. Pollmann, Trobar clus, passim. E. Vuolo, St.Med.,IV,607 PAT,146. A. Roncaglia, CN,XXXVIII,212.
1Ara·m platz, Giraut de Borneill,
2que sapcha per c’anatz blasman
3trobar clus, ni per cal semblan.
4Aiso·m digatz:
5si tan prezatz
6so que es a toz comunal,
7car adonc tut seran egual
Maintenant il me plaît, Giraut de Bornelh, que je sache pourquoi vous allez blâmant le trobar clus et pour quelle raison. Dites-moi ceci: si vous prisez tellement ce qui est commun à tous, car alors tous seront égaux.
8Seign’en Lignaura, no·m coreill
9si qecs s’i trob’a son talan.
10Mas eu son jujaire d’aitan
11qu’es mais amatz
12e plus prezatz
13qui·l fa levet e venarsal:
14e vos no m’o tornetz a mal.
Seigneur Linhaure, je ne me plains pas si chacun “trouve” à son gré. Mais je suis juge d’autant que si quelqu’un le fait facilement et de façon commune, il est plus aimé et plus prisé; et vous, ne me tournez pas cela à mal (= ne m’en veuillez pas pour cela).
15Giraut, non voill qu’en tal trepeil
16torn mos trobars, que ja ogan
17lo lauzo·l bon — e·l pauc e·l gran.
18Ja per los faz
19non er lauzatz,
20car non conoisson (ni lor cal)
21so que plus car es ni mais val.
Giraut, je ne veux pas que ma poésie tourne (=tombe) en une telle confusion, car déjà maintenant les bons la louent, qu’ils soient petits ou grands. [Mais] jamais elle ne sera louée par les sots, car ils ne connaissent pas (et cela leur importe peu) ce qui est le plus précieux et ce qui vaut plus.
22Linhaure, si per aiso veil
23ni mon sojorn torn en affan
24sembla que·m dopte del mazan.
25A que trobatz
26si non vos platz
27c’ades o sapchon tal e cal ?
28Que chanz non port’altre cabtal.
Linhaure, si je veille pour cela ou convertis mon confort en peine, il semble que je redoute le tumulte (des applaudissements). Pourquoi “trouvez-vous”, s’il ne vous plaît que le sachent aussitôt tous ? Car un chant ne rapporte pas d’autre profit.
29Giraut, sol que·l miels appareil
30e·l dig ades e·l trag’enan,
31mi non cal sitot non s’espan.
32C’anc granz viutaz
33non fon denhtatz:
34per so prez’om mais aur que sal,
35e de tot chan es atretal.
Giraut, pourvu que je prépare ce qui est le mieux et que je le dise immédiatement et que je le mette en relief, il m’est indifférent si cela ne se répand aussitôt. Car jamais grande facilité ne fut chose rare: pour cette raison, on prise plus l’or que le sel, et de tout chant il en va de même.
marginal top-left “per o si m’ai Pb!! / cf. 305 n.5”
36[[hand: marginal “VI” (circled)]]
37Lingnaura, fort de bon conseill
38etz fis amans contrarian,
39e pero si·m val mais d’afan. [[hand: “pero si·m val” boxed; “?” in margin]]
40mos sos levatz,
40c’us enraumatz
41lo·m deissazec e·l diga mal,
42a cui om no·n deia sesal [[hand: arrow pointing to this line; “no·n deia sesal” underlined]]
Linhaure, vous êtes de fort bon conseil et un parfait amant argumentant, et cependant, si mon poème léger me vaut davantage de difficultés, qu’un enroué me le disloque et me le dise mal, de sorte qu’on ne lui doive pas de récompense.
43[[hand: marginal “VII” (circled)]]
44Giraut, per cel ni per soleil
45ni per la clardat que resplan,
45non sai de que·ns anam parlan,
46ni don fui natz,
47si soi torbatz.
48Tan pes d’un fin joi natural
49can d’als cossir, no m’es coral!
Giraut, par le ciel et par le soleil et par la clarté qui s’épand, je ne sais pas de quoi nous allons parlant ni d’où je suis né, tant je suis troublé. Je pense tellement à une noble joie naturelle que, quand je pense à autre chose, cela ne me vient pas du coeur!
50[[hand: marginal “VIII” (circled)]]
50Lingnaura, si·m gira·l vermeil
51de l’escut cella cui reblan,
52qu’eu voill dir “a Deu mi coman”!
53Cals fols pensatz
54outracuidatz
55m’a mes doptansa deslial!
56No·m soven com me fe comtal ?
Linhaure, celle que je requiers d’amour me tourne le côté vermeil de l’écu, de sorte que je veux dire: “Je me recommande à Dieu”! Quelle folle et outrecuidante pensée m’a apporté doute déloyal! Est-ce que je ne me souviens donc pas comment elle me fit comtal (= comment elle m’éleva à son rang)
57[[hand: marginal “IX” (circled)]]
58Giraut, greu m’es, per San Marsal,
59car vos n’anatz de sai nadal.
Giraut, ce m’est désagréable, par Saint Martial, que vous vous en alliez d’ici à la nativité.
60[[hand: marginal “X” (circled)]]
61Lingnaura, que ves cort rial
60m’en vauc ades ric e cabal
Linhaure, c’est que je m’en vais maintenant vers une cour royale, noble et puissante.